500 marmitons, 2500 tabliers, 19 750 premières rencontres…

Enfin de retour dans le confort de mon chez moi, entourée de l’amour de mon homme et de mon chat! Après deux mois passés en colonie de vacances, je dois dire que je savoure plus que jamais ma qualité de vie. Quelle expérience ce fut, cependant!

D’abord, la magnitude de l’opération! Au cours de cet été consacré aux jeunes de la Base de plein air Bon départ, ma collègue Clafoutis et moi-même avons animé plus de 160 ateliers culinaires pour la Tablée des Chefs auprès d’environ 500 jeunes. Ces chiffres, à eux seuls, donnent un peu le tournis, mais pour bien illustrer l’envergure de l’intervention, j’ai compilé quelques statistiques rigolotes…

Chef Cannelle et la magie des oeufs Bon Depart Tablee des Chefs

Dans cet atelier sur la magie des œufs, les 5-10 ans ont appris comment réaliser une mousse au chocolat, une mayonnaise maison aromatisée aux épices et un oeuf mimosa (deviled egg). Crédit photo: Kassandra Valiquette

Nos ateliers se déroulant à même la cafétéria, Clafoutis et moi avons monté/démonté nos cuisines temporaires 118 fois (après le déjeuner, avant le dîner, après le dîner, avant le souper), ce qui a impliqué le déplacement de 6500 chaises pour créer l’espace nécessaire… Au total, nous aurons déplacé du local de préparation à la cafétéria plus de 4 tonnes d’équipement d’animation.

Nos petits marmitons étant revêtus d’un tablier officiel, nous en avons lavé et plié quelques 2500, ce qui représente aussi – ça c’est cocasse – quelques 5 kilomètres de cordons noués et dénoués autour de leur taille… Il faut dire que nous avions un bon coup de pouce de la part des animateurs pour accomplir cette tâche!

Tandis que les campeurs âgés de 10 à 15 ans ont pris part à 3 ateliers les exposant à 73 ingrédients distincts, les plus jeunes (âgés de 5 à 10 ans), ont travaillé avec 67 produits au cours de leurs 4 ateliers. En éliminant les plus courants (les œufs, la farine, le lait) pour ne garder que les plus rares (les figues, la bette à carde, le vinaigre de cidre et ainsi de suite), Clafoutis et moi avons provoqué plus de 19 750 premières expositions à un nouvel aliment. Imaginez! 19 750 fois où des yeux écarquillés, des nez retroussés, des petits cris de dégoût anticipé et tout autant de glapissements de plaisir ont accompagné l’introduction d’une nouveauté alimentaire!!

Dans l’atelier des plus grands consacré aux collations santé-plaisir, nos marmitons ont appris à faire un risotto sucré et à le présenter en cuillères, avec des garnitures. Les brigades ont donc présenté 88 créations distinctes (Clafoutis et moi nous étant partagé la prise en charge des ateliers petits vs grands, je n’en ai goûté que la moitié. Juste… 44… Certains excellents, d’autres… Ouf, j’aime mieux ne pas me souvenir!)

Des statistiques comme ça, je pourrais vous en sortir encore et encore (comme les quelques 500 « Oui, Chef! » qui ont retenti dans notre cuisine mobile cet été), mais celle qui me mystifie le plus, c’est celle du temps passé aux côtés de ma collègue Clafoutis, très littéralement. Nous dormions dans le même dortoir, nous mangions à la même table, nous animions – pour le meilleur et pour le pire – nos ateliers dans la même cafétéria en simultané, nous pliions nos tabliers en même temps et on profitait de nos très rares pauses au même endroit, de la même manière…  Ce qui fait qu’en un été, nous avons passé plus de 860 heures à moins de 50 mètres l’une de l’autre. Et vous savez quoi? C’était peut-être la meilleure partie de l’été pour moi, car j’ai été très inspirée par cette jeune femme.

Clafoutis, Édith Ouellet dans la vie de tous les jours, est une nutritionniste diplômée qui, après avoir fait ses premières armes sur le marché du travail pendant quelques années, a décidé de se lancer en affaires et de démarrer Nutritonic.

Étrange mais vrai: le diplôme de cuisine ne comprend presque aucune formation en nutrition. À l’école de cuisine, on apprend à mitonner le bon au goût plus que le bon pour le corps à grands renforts de classiques français beurre-crème-fromage-sel-viande. Mon style personnel s’est dissocié de ces impératifs depuis longtemps déjà, mais il m’a suffi de fréquenter Clafoutis pendant tout un été pour comprendre qu’en frais de cuisine, il m’en manquait encore des bouts, des gros bouts.

Comme ce billet se fait déjà long, je prends ici une pause pour revenir dès demain avec la suite de la réflexion suscitée par Édith autour de la nutrition et de l’accompagnement des enfants dans la découverte alimentaire, un sujet qui touche tous les papas-mamans du monde entier, j’en suis certaine!

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