Champagne!

La vie de blogueuse culinaire est ponctuée de découvertes gourmandes et de plaisirs coupables… Lorsque j’ai reçu une invitation de la réputée maison Veuve Clicquot à prendre part à une reconstitution historique d’un repas préparé pour la reine Élizabeth II en 1959 et accordé au champagne… j’ai su que j’avais atteint l’apogée.

Cet événement unique a été organisé à l’occasion du 160ième anniversaire de l’arrivée des premières caisses de Veuve Clicquot au Québec en 1855: 25 à Montréal, 25 à Québec. Le Château Frontenac est sans conteste l’un des endroits de la ville où il a le plus été versé depuis. Pour ceux et celles qui désireraient en apprendre davantage sur la présence historique de ce grand champagne chez nous, je vous invite à lire l’article de l’historienne culinaire Catherine Ferland (invitée à présenter une conférence le même après-midi) ce dimanche dans le Devoir.

Je me contenterai pour ma part de partager avec vous quelques découvertes et notions apprises en cours de soirée, en tentant de ne pas susciter de jalousie. Bon, ok, vous serez jaloux mais enrichis. C’est du donnant-donnant, ça, non?

160 ans du Veuve Clicquot à Québec

Le cocktail

Verre de Veuve Clicquot rosé à la main dans le Salon rose, j’avais seulement le goût de m’écrier: « Champagne! »

Le Rosé de Veuve Clicquot

Servi en magnum, l’effet Veuve Clicquot Rosé est au rendez-vous!

Si la déclinaison rosée de l’élixir fait (peut-être?) moins partie de nos habitudes québécoises, il n’en demeure pas moins que cet assemblage de « Carte jaune » et de pinot noir (12-13%) a beaucoup à offrir. Sa bouche gourmande, propulsée par un fruit charnu et une touche de tanins assure une longueur en bouche et offre une belle fraîcheur.

L’entrée

Le Veuve Clicquot Rosé a permis une transition sans faille de l’apéro à la table, où il a été servi avec une roulade de saumon à la mousseline de pétoncles et pesto, où il donnait très bien la réplique au côté gras, voire fumé du poisson, tout en cohabitant sans fausse note avec la salade mesclun.

Roulade de saumon à la mousseline de pétoncles

Le plat

Invitée à choisir entre pétoncles et veau, j’ai choisi la même chose que mon voisin de table, nul autre que le Chef exécutif du Château Frontenac, Baptiste Peupion. (Si vous mangez à côté du chef, prendre la même chose que lui tombe sous le sens, n’est-ce pas?) L’accord avec le Veuve Clicquot Blanc Millésimé 2004 lui a donné raison.

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Rôti de pétoncle au miel et gingembre, effiloché de légumes croquants. Crédit photo: Karel Chadlek pour Veuve Clicquot

De ce millésime, je dois vous parler. Le Chef de cave de Veuve Clicquot, Dominic Demarville, nous a expliqué que depuis la fondation en 1810, la maison n’avait déclaré que 64 millésimes, un honneur réservé aux cuvées exceptionnelles qui découlent d’une production et d’une récolte supérieures en Champagne. Et pourquoi le « vintage » 2004 s’est-il tant démarqué? En raison de la canicule qui a sévi en 2003, au point de forcer une récolte entre 10 et 20% de la normale. En ayant produit moins de fruits, les plans ont conservé leur énergie, redistribuée l’année suivante…

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Monsieur Demarville en pleine présentation. Crédit photo: Karel Chadlek pour Veuve Clicquot

 

Riche, complexe, brioché, tout en longueur, ce très beau millésime ne risque pas de gâcher votre plaisir à table… En fait, je serai bien embêtée d’accompagner mes pétoncles autrement dans le futur.

Note aux amateurs: on annonce que la prochaine cuvée millésimée, la 2008, sera mise en vente dès l’année prochaine.

Le fromage

Accompagné du Carte jaune que nous connaissons et reconnaissons, la planche de fromage du terroir québécois d’aujourd’hui aurait sans doute fait le délice de la Reine à l’époque, où d’autres variétés avaient alors été servies.

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Tomme du Haut-Richelieu, Migneron et Ciel de Chalevoix. Crédit photo: Karel Chadlek pour Veuve Clicquot

Le dessert

Dernier service. Ici, la crème brûlée à l’érable a tenu compagnie au Veuve Clicquot Demi-Sec, une première pour moi.

Crème brûlée à l'érable

Crédit photo: Karel Chadlek pour Veuve Clicquot

Je ne sais pas dans quelle mesure mes libations antérieure n’ont pas obscurci quelque peu mon jugement, mais ce champagne m’a semblé des plus délectables, un accord absolument lumineux et festif, d’autant plus qu’il nous a été servi décanté, à la manière champenoise.

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Crédit photo: Karel Chadlek pour Veuve Clicquot

D’un équilibre irréprochable entre le sucre, le fruit et cette acidité qui fouette gentiment les papilles à chaque gorgée, le Veuve Clicquot demi-sec m’a fait vivre une petite extase gustative.

Le deuil

Je soupçonne que cela faisait secrètement partie du plan de Veuve Clicquot (avec un nom pareil, j’aurais dû me méfier!) mais voilà: après la fin de ce repas accordé au champagne est venu le deuil. Il ne s’agit pas d’une expérience facile à reproduire, mais je garde quand même dans mon calepin de notes gourmand mental (oui, une telle chose existe!) de répéter l’accord au champagne Clicquot à la première occasion. Avec le temps des fêtes qui s’en vient, je ne me languirai pas trop longtemps…

 

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