Croire en sa Bonne Étoile

On va se le dire: nous sommes gâtés côté bouffe à Québec cet été! Les ouvertures de qualité se succèdent à une cadence difficile à suivre, même pour votre foodista en mission préférée. Mais si vous n’avez qu’une seule table à essayer cet été, je vous recommande de placer tous vos jetons sur le restaurant La Bonne Étoile, un concept éphémère proposé par l’équipe de Chez Rioux & Pettigrew dans un espace aménagé derrière sa salle à manger régulière, au 160 Rue Saint-Paul. Ouvert en juin, il sera en opérations jusqu’au mois d’octobre seulement.

Pourquoi miser sur ce restaurant-là et pas ailleurs? Il y aurait presque autant de raisons que d’étoiles dans le firmament! Voici mon top 5!

1- Impossible de ne pas tomber en amour avec une histoire d’amour!

Chefs Charles Provencher-Proulx et Alexandra Roy – un tandem dans la vie comme en cuisine -, signent ensemble à La Bonne Étoile leur toute première carte. L’alchimie opère, puisque leurs plats sont divins au point d’en devenir aphrodisiaques. (Nous y reviendrons.) En plus, grâce à la cuisine ouverte, on a la chance de leur piquer une jasette: ils sont si adorables, leurs yeux brillants d’enthousiasme pour leur projet et scintillant par-delà la fatigue, qu’on a juste le goût de les adopter… et de les faire cuisiner pour nous à la vie, à la mort.

Charles et Alexandra dans leur élément, côte à côte au passe.

2- Je looooooove les concepts éphémères!

Pourquoi? Parce que c’est une formule qui permet d’être radical. D’ailleurs, en entrevue, Stéphane Grenon – copropriétaire du restaurant -, abonde dans mon sens. « On avait envie de faire un trip, de s’éclater, de se donner une plus grande liberté. » Liberté! Mais quelle liberté? Celle de proposer un concept 100% québécois: le décor, les assiettes signées Terre et Biscuit, les aliments, les alcools, sans aucun compromis. « Il y a beaucoup d’entourloupettes dans le domaine, du vrai faux… Chez nous, il n’y a que du vrai! », s’enthousiasme Stéphane.

Grâce aux antiquités et aux fleurs séchées, un charme rustique vintage se dégage de la salle à manger, un concept visuel parfait pour l’été et le propos.

3- Des accords d’icitte qui marchent au boutte!

Que j’en voie un faire la grimace à l’idée de vins ou spiritueux du Québec! Qu’il s’agisse du riesling de l’Île d’Orléans Surprenante Révélation (oui, c’est son nom), de L’Écume, bière des îles (À l’abri de la Tempête), du Capiteux de Cassis Monna & Filles ou du délectable vin mousseux Le Rosé du Domaine Bergeville, absolument tous les accords proposés avec le menu dégustation ont fait mouche. Et que dire de mon cocktail apéritif, un Avril sour à la rhubarbe! J’en rêve encore.

Impossible de passer sous silence l’excellent service de Louis, qui présente fièrement et sans lourdeur plats et accords. Un guide stellaire dans cette exploration gourmande!

4- De l’originalité sans excentricité (nuance!)

On va se le dire dans le blanc des yeux: notre terroir, il est fascinant, mais il goûte parfois un peu funky. Est-ce qu’il y a juste moi qui trouve que l’argousier a un petit arrière-goût d’urine d’écureuil? Croyez-le ou non, Charles et Alexandra ont réussi me faire boire à la cuillère leur sauce orange flash à l’argousier, à la carotte et au fond de volaille, beurrée et sublime, qui nappait le tartare de bœuf. Je crois avoir gémi en goûtant à la préparation d’avoine (j’essaie d’éviter le mot gruau, car ça ne rendrait pas justice à la chose!) qui accompagnait le plat d’omble chevalier et sa sauce au vermouth. Je me suis même découvert une passion brûlante pour la groseille verte. Boréal n’égale pas nécessairement génial, mais bien travaillés, les produits d’ici nous racontent des histoires captivantes.

Gourmand tartare de boeuf, qui se démarque de l’habituel par ses gros cubes qui fondent sous la dent et la fameuse sauce à l’argousier!

5 – La meilleure façon de savourer la belle saison

Bref, mais d’une intensité qui nous ressemble, l’été au Québec, c’est une explosion de produits d’ici avec, au fil des semaines, le scintillement successif de l’asperge, de la fraise, du champignon sauvage, du bleuet, du maïs, de la courge et j’en passe… Le menu de La Bonne Étoile se colle à la nature pour offrir le meilleur de ce qui brille en ce moment, si bien que d’une visite à l’autre, les plats évoluent et changent. Déjà, je prévois y retourner en août et en septembre afin de remplir mon âme de la fraîcheur de ces goûts, que j’emmagasinerai dans ma mémoire en attendant le retour des beaux jours.

Mozzarella bufflone, haricots, groseilles vertes, tournesol… La prochaine fois que j’irai à la Bonne Étoile, ce plat de saison aura évolué ou disparu. Chagrin. Tristesse. Deuil. #damenature

Je vous l’ai dit, je le réaffirme: je ne peux imaginer une meilleure table à visiter que La Bonne Étoile, cet été. Tout le reste peut attendre, la nature, elle, n’attend pas. Optez pour le menu dégustation du mois et sautez dans le vide avec Charles et Alexandra: leur filet vous accueillera tout en douceur, comme un hamac à la belle étoile un soir d’été…

Je tiens à remercier l’équipe de La Bonne Étoile pour son invitation. J’avais déjà réservé ma place lorsque qu’on m’a offert de découvrir l’expérience comme blogueuse, signe que ma curiosité avait été bien piquée… Chose certaine, vous m’y reverrez en tant que cliente! 

 

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