L’Avocat du diable: enfin mûr

Peut-être avez-vous vu passer mon nouveau foodcast L’Avocat du diable, peut-être pas. Dans la masse de contenus qui nous bombardent (avec ou sans notre aval) j’ai choisi de rajouter une voix au brouhaha : la mienne.

Venant d’une fille qui anime deux blogues et qui écrit et critique pour plusieurs médias canadiens, on pourrait penser que je ne suis pas en déficit d’expression personnelle.

En fait, c’est un peu ça l’ironie : avoir autant de tribunes et toujours chercher sa voie, une voie qui me donnerait une voix dans laquelle je me reconnaisse davantage du fait qu’elle se rapprocherait un peu plus de mon naturel, très « oui, mais », même si ça gosse parfois.

Une chose est certaine, après quelques années à côtoyer le domaine des médias, de la restauration et de l’entrepreneuriat, j’ai juste le goût de déposer mes ailes d’ange. Dans le monde du mieux paraître, des meilleurs Instas, des opportunités les plus essssclusives, scusez-la, on assiste au triomphe du positif ou du politiquement correct plus facilement qu’au rayonnement du juste ou du vrai.

Je ne prétends pas détenir la vérité, mais je sais une chose : la voix que je souhaite rajouter avec l’Avocat du diable se propose d’explorer un chemin où toutes les questions sont permises, les détours, inévitables, et les nuances, d’autant plus nécessaires. Au menu, des chroniques de 3 à 7 minutes portant sur des sujets d’actualité culinaire plus incisives que ce que vous avez l’habitude de trouver sur Foodista en mission, mais toujours avec une signature réfléchie et sensible.

Un ami-entrepreneur-artiste-gentleman de ma connaissance a eu la gentillesse de se pencher sur la création d’un visuel distinctif pour mon nouveau foodcast. D’emblée, je savais que Christian Allard allait capter comme nul autre l’essence du projet et qu’il allait l’incarner, exubérante, à grands coups de crayons et de feutre.

Vous connaissez peut-être Christian : il est le copropriétaire de profil Canin, et aussi le partenaire d’affaires de Dominic Dion, que vous retrouvez à la barre de Ma Station Café. À l’époque où nous échangions sur l’énergie créative qu’on désirait insuffler au café, j’ai avancé la piste de l’affichage d’œuvres d’arts. Christian s’est avancé pour prendre le projet en main, incluant le recrutement d’artistes-exposants. C’est à ce moment que j’ai appris qu’il avait un passé en illustration. En gentleman modeste qu’il est, il s’est bien gardé de me parler de son énorme talent.

Mois après mois, les expositions éclatées et colorées de certains de nos plus prometteurs artistes illustrateurs québécois se sont mises à orner les murs de Ma Station Café. Pas deux trois-cadres, non, parfois jusqu’à 20, avec des redevances sur les ventes en faveur des artistes.

Puis des dessins de Christian se sont mis à apparaître, à « popper » sur Facebook et Instagram, tantôt sur sa page personnelle, tantôt sur le compte de Ma Station Café. C’est au premier jam de dessin organisé là un lundi soir que je l’ai vu travailler pour la première fois, le coup de crayon agile comme le vol d’une hirondelle.

Et ce n’est que tout récemment que j’ai appris que Christian avait fait ses études collégiales et universitaires en arts plastiques et illustration, en plus d’avoir été boursier et avoir exposé dans sa jeune vie d’adulte. Quand je lui ai demandé ce qui l’inspirait, il m’a dit ceci : « Le dessin me permet d’exprimer, sous une forme de langage différente des mots, ce que j’interprète en observant l’humain… »

Je n’aurais pas pu mieux tomber en lui confiant la création du visuel de l’Avocat du Diable, car je crois qu’il a pleinement saisi et transmis mon intention, avec un travail appliqué, rigoureux et empathique, tout à son image.

Quelques unes des étapes franchies par Christian pour en arriver au visuel définitif! Ouffff!!

« J’ai travaillé au crayon et feutre pour terminer avec la magie du numérique pour rehausser certaines lumières seulement, je suis un vieux de la vieille qui aime le trait du crayon sur un bon vieux Bristol. »

Je vais faire de mon mieux pour honorer son travail, et surtout, être fidèle à mon intention de me doter d’une voix qui colle à ce que j’ai de meilleur à offrir, même si c’est pas toujours ce qu’il y a de plus facile à dire.

J’aime aussi imaginer que d’une certaine manière, j’ai un tout petit peu quelque chose à voir avec le fait que Christian ait retrouvé le chemin vers sa passion pour le dessin. Je me languis d’impatience entre ses publications Instagram (avez-vous le magnifique « Janine Sutto » qu’il a réalisé en son hommage la semaine dernière?), en espérant de tout cœur qu’il continue à explorer « sa voix. »

À quand ta prochaine expo, Christian?

En attendant, approchez-le sans détour pour vos projets créatifs : pour le processus autant que pour le résultat, best move ever!

Au plaisir de vous jaser ça très bientôt! Je rajouterai sous peu une huitième chronique suite à une entrevue avec Geneviève Everell.

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