Non, l’Américain, ceci n’est pas une orange!

 

Hey, toi, l’Américain qui a élu Trump: tu t’es berné toi-même. Aucune résistance à l’idée du changement climatique ne ralentira la fonte des glaciers! Aucun multi-millionnaire qui ne paie pas d’impôts ne t’enrichira! Aucun mur ne te protégera du crépitement des armes dans tes villes!  No Hatred Will Make America Great Again. Même si c’est ton Président qui le dit car son élection – sa parole – ne change rien à la réalité.

Et toi, l’Américain qui a élu Trump: quand tu es passé aux urnes hier, on ne te demandait pas de nous dire si tu préférais le jus de pommes ou le jus d’orange. Avec ton vote, tu as déclaré la guerre à l’Humanité.

Petite, j’ai souvent entendu mon père dire qu’on a le gouvernement qu’on mérite. Aujourd’hui, le visage de clown orange qui défile sur Facebook  a été élu par une majorité de nos voisins du sud, une majorité hargneuse, déconnectée de la réalité – folle! – au point défendre sa candidature. S’il est vrai qu’il a posé de bonnes questions (Hitler aussi apparemment) on ne peut pas élire juste pour brasser la cage.

Au Québec, à Québec, je connais un pro-Trump. Dans ma famille. J’ai essayé d’argumenter un peu avec lui, mais réalisant que de réaligner sa perception du personnage (un homme avec des couilles!) avec la réalité (un sociopathe!) allait demander beaucoup de travail, j’ai baissé les bras. Je me réfugiais dans la douce certitude que la raison allait triompher des aspirations malades d’une paire de couilles pour la position de l’homme le plus puissant de l’humanité. J’ai choisi de considérer que le dossier ne me concernait pas.

La démocratie américaine a parlé et si on croit en la démocratie, il faut se résoudre à concéder. Mais voilà: je refuse et je dénonce. D’abord parce que je ne suis pas Américaine. Ce choix, ce n’était pas mon choix, même si je le subirai, même si la planète entière le subira. Ensuite, parce que mon silence coupable, mon manque d’implication politique et mon rire parfois suffisant – quel bouffon, quand même, me disais-je – ont certainement davantage fait partie du problème que de la solution. Clairement, ma personne à elle seule aurait eu environ moins que zéro incidence sur les élections américaines, mais par mon engagement politique pour mes valeurs, j’aurais contribué à mon échelle à établir un climat à mon image.

Finalement – surtout – l’élection d’un tyran misogyne et mythomane – nommer est essentiel ici – sonne le clairon de la vigilance. Comme le pouvoir des États-Unis est central dans l’équilibre du monde et que nous en sommes tous citoyens, nous sommes RÉELLEMENT tous concernés.

MÊME si Trump a remporté ses élections, cela ne signifie pas que nous devons l’accepter « parce que la démocratie a parlé. » Plus que jamais, il faut dénoncer, se tenir debout, s’impliquer à l’échelle locale afin que l’état de notre ville, de notre province et de notre pays ressemble PLUS QUE JAMAIS à nos valeurs, et non aux promesses mensongères et dangereuses qu’on nous lance au visage pour gagner notre aval, tel l’os que gruge le chien enragé.

Et toi, l’Américain qui a élu Trump! Ça prend plus qu’une paire de couilles et du cash pour diriger. Ça prend une tête. Et ça prend du cœur.

Je ferai de mon mieux pour porter courageusement ce message. #1109

Crédit photo: Matt A.J.

 

 

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