Québec, fais du bruit pour la Galette libanaise!

(Cet article a été publié pour la première fois sur le blog 180 degrés le 15 septembre 2013.)

Lors d’une activité foodie récente, Caroline la Snob notait comment chaque blogueur culinaire de Québec – ou presque – s’associe publiquement à un établissement de restauration qui l’a séduit. Pour elle, c’est bien connu, c’est le Moine Échanson dont la sélection de vins plaît à une amatrice de sa trempe. Pour Sylvie Isabelle, c’est plutôt le Bouchon du Pied Bleu (et je vous dis ça après l’avoir observée tenir une campagne fougueuse sur Facebook en faveur de l’établissement pour un classement dans le The Air Canada enRoute People’s Choice Award.)

Cette réflexion de Caroline m’a amenée sur une piste introspective. Avais-je un restaurant préféré? Un établissement dont je ne me lasserais jamais? Je chéris le souvenir de mon 14 services en accord mets et vins à la Tanière en grande partie parce que je sais que l’expérience ne se répétera pas tout de suite, que je devrai l’attendre avec appétit. Je salue l’audace des chefs-proprios de l’Affaire est Ketchup (je sais, ils ont aussi Patente et Machin, mais moi, je fais encore du bruit pour l’original): servir une cuisine maison actualisée dans une cuisine plus petite que celle de ma mère, ça prend du guts

Mais en y pensant bien, mon esprit revenait sans cesse à une autre enseigne. J’aimerais dire que j’ai découvert celle-ci au début de l’été, lorsque la température clémente a incité la reprise des longues marches sans objectif précis. L’histoire est moins poétique. Je travaillais alors comme consultante dans un restaurant et j’ai observé leur fulgurante ascension jusqu’au sommet du palmarès Trip Advisor, devant la Tanière – justement -, le Continental, le St-Amour et le Patriarche, pour ne nommer que ceux-là. Le nom du restaurant triomphal, révélé à Québec par acclamation touristique: la Galette Libanaise.

Surpris, hein? Bien moi aussi. Avec un brin de scepticisme, je me suis pointée au pignon sur rue du commerce, sur grande Allée, plantée au milieu de la sortie des bars. C’est là que j’ai aperçu pour la première fois les fameuses galettes, mi-pita mi-pizza, qui arboraient des garnitures à sous-marins. Avec un sourire chaleureux, un jeune homme a pris ma commande avec un charme si avenant que j’ai tout de suite su qu’il devait s’agit d’un des propriétaires de l’entreprise. Notre jasette d’alors m’a donné raison.

 

 Je vous présente Dory et Tony. Les deux frères ont démarré

La Galette libanaise en mai 2012, il y a un peu plus d’un an.

 

Ne soupçonnant en rien ma condition de blogueuse, Dory n’a pas hésité à satisfaire ma curiosité et à me régaler de la petite histoire du commerce. Issu de la famille Tannous, des entrepreneurs de la restauration à Québec, ils ont eu l’idée d’un nouveau concept de sandwich inspiré d’un snack de rue très prisé au Liban: la galette.

Elle y est préparée par des marchands qui se présentent sur les places publiques et les cuisent à l’aide de brûleurs au gaz surmontés de pierres, avant de les garnir d’une tartinade aromatique au thym (zaatar) ou une mixture de viande épicée (dans le cas des lahmé b’agin.)

À l’aide de leur père, un Chef pâtissier de talent, ils ont développé une recette de pâte à galette qui allait permettre de répliquer l’originale en grande quantité et en la cuisant dans un four à pizza.

 

 Dory tient ici un réceptacle qui contient les boules de pâte qui seront

transformées en galette sur commande.

 

Père et fils ont ensuite créé des garnitures à galette en tentant d’anticiper les besoins de la clientèle qui allaient les fréquenter: des travailleurs de jour et des jeunes en train de faire la fête la nuit. Tartinade de falafel pour les végétaliens, épinard et féta pour les flexitariens, saumon fumé pour les fines bouches, à l’agneau pour les amateurs de shawarma,  poulet, viande et fromage ou combo de viande froide pour les habitués de Subway, la gamme d’origine comptait plus de saveurs, mais ce sont celles-là qui sont restées à la demande populaire.

 Le menu actuel de la Galette libanaise offre 8 garnitures différentes.

 

La pâte est tartinée de la garniture choisie…

… enfournée et cuite…

 

 puis relevée avec une sélection de condiments pour la plupart plus

associés aux sous-marins occidentaux qu’aux galettes libanaises.

 

« Notre famille a toujours été dans la restauration. Mon frère Tony a même travaillé dans les restaurants pour y installer Maître D (un système de gestion de salle), alors il a tout vécu avec eux, des ouvertures aux fermetures, et il a beaucoup appris, » m’a confié Tony lors d’une entrevue qu’il a accepté de m’accorder en vue de préparer cet article.

Et j’aurais tendance à lui donner raison. Les deux jeunes entrepreneurs, qui ont investi toutes leurs économies dans l’ouverture de leur projet d’affaires, planifient ouvrir une seconde succursale sur Maguire en novembre grâce au succès qu’ils ont connu avec leur premier point de vente.

Je me souviens encore ma première bouchée de galette libaise (épinard-féta, en passant). Je me suis dit: « Oh boy. » Après avoir accepté le deuil la nourriture de rue que j’avais connue sur Côte Ouest, elle venait de m’être restaurée redonnée dans toute son ingéniosité, tout son charisme. N’oubliez pas: ce qui importe dans la culture des « foodtrucks », ce n’est pas que la cuisine ou le service se fasse dans un camion, mais qu’on ait le goût de marcher dans la rue aussi souvent que possible pour s’y sustenter.

Si je n’ai pas déjà réussi à vous convaincre d’aller essayer cet endroit, voici 5 raisons (vous savez que je ne surligne jamais rien en gras ici! Ça veut dire quelque chose!)

 

1- Le pain chaud de la galette, cuite devant vous et garnie tout juste sorti du four.

2- La sélection de garnitures si délicieuses que je n’ai pas encore été capable de décider si je préfère saumon fumé, épinards et féta ou poulet.

3- Donner du crédit à cette innovation culinaire locale. Tony et Dony ONT INVENTÉ CE TRUC MALADE! Le cronut pourrait presque aller se rhabiller si la version de Paillard n’était pas si délicieuse…

4- Une histoire entrepreneuriale inspirante, avec deux proprios ultra-sympa que vous aurez sans doute la chance de croiser

5- Le meilleur rapport qualité-prix pour un repas aussi délicieusement bourratif.

 

 

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