Vino, vino, vino, j’te vois dans mon verre!

Ces derniers temps, on dirait que le monde entier conspire pour me faire boire. Moi qui étais d’ordinaire si sage, les dégustations s’enchaînent et je suis bien mauvaise pour dire non quand il s’agit d’une libation en compagnie de professionnels du vin. Je dois le dire, je ne regrette rien: j’ai été très gâtée en frais de découvertes! J’ai décidé de rassembler ici trois pistes à explorer quand bon vous semblera: toutes sont garanties 100% plaisir!

IGP du Languedoc-Roussillon

Quand on ne s’y connait pas beaucoup en vins – juste assez pour pressentir l’étendue de notre ignorance – on développe des mécanismes, des trucs de champion. Il y en a un que j’ai incorporé presque machinalement à ma panoplie: préférer les bouteilles identifiées « AOC » aux autres, spécialement quand je reluque un vin français. L’AOC, ou l’appellation d’origine contrôlée, certifie au consommateur son origine géographique de même que certaines caractéristiques de fabrication. Ainsi, on peut s’attendre qu’un vin en « AOC » présente « une typicité » propre aux vins de sa catégorie, le reflet d’un savoir-faire qui s’enracine dans l’histoire d’un vignoble et qui a fait sa réputation au fil du temps. N’affiche pas une mention « AOC » qui le veut, puisque les vignerons doivent respecter un cahier des charges et sont soumis à des inspections par l’organisme chargé de la certification au niveau national.

Mais voilà que récemment, j’ai assisté à une présentation sur les « IGP » (Indications Géographiques Protégées) du Languedoc-Roussillon qui a totalement invalidé mon truc de champion. Ce signe d’identification partagé par la communauté européenne vise à reconnaître la qualité et la dénomination géographique de vins tirant leur « typicité » de leur origine sans pour autant respecter – pour une raison ou une autre – le cahier de charges AOC. Cela ne signifie pas que ces vins ne sont pas soumis à un cahier de charges, mais que celui-ci ne vise pas tant à préserver un certain style de fabrication dans le temps qu’à valoriser une certaine origine géographique produisant des traits précis dans les vins. Autrement dit: tandis que les vins AOC cherchent à maintenir une tradition d’excellence, les vins IGP ont la possibilité de s’aventurer sur le terrain de l’innovation.

Les goûts des consommateurs sont en constante évolution, le climat aussi. Grâce à la latitude possible avec la certification « IGP », de nouveaux vins, avec de nouveaux assemblages, et même de nouveaux cépages, peuvent ainsi faire leur petit bonhomme de chemin, tout en se réclamant d’une appartenance à un territoire donné.

Dans le cas qui m’intéresse ici, grâce à Tuxedo Expérience Vinicole, j’ai eu le privilège de déguster 11 vins rouges en « IGP » du Languedoc-Roussillon et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par le plaisir que j’ai eu à découvrir plusieurs d’entre eux. Je vous propose ici mes coups de coeur, tous offerts à la SAQ à des tarifs plus qu’amicaux.

L’Orangerie de Pennautier, 2013 (IGP Cité de Carcassonne) à 14$ à la SAQ. Vivacité et gourmandise sont au rendez-vous avec ce rouge qui évoque une compote de fraises avec un soupçon de poivre. Ce vin nous a été servi avec un tartare de boeuf, un accord réussi.

Pont neuf, 2013 (IGP Pays du Gard) à 16,55$ à la SAQ. Sur le fruit rouge – peut-être une griotte à l’alcool, ce vin propose des tanins structurés sans prêcher par l’excès. Qui plus est, il est bio!

Enseduna prestige, 2008 (IGP Coteaux d’Ensérune) à 19,00$ à la SAQ. Sa robe très foncée, vers le cassis, est très texturée, presque grasse en bouche. Ses fruits noirs ultra-confits sont équilibrés par des tanins bien maîtrisés et une acidité juteuse des plus gourmandes.

Vins Chartier exclusifs au Fairmont Château Frontenac en importation privée

Rien ne semble pouvoir arrêter la lancée de François Chartier, qui, après avoir présenté au grand public ses vins en SAQ puis dans les IGA du Québec, a développé une gamme de quatre vins pour le bon plaisir des clients du Château Frontenac. Il faut dire que son complice et collaborateur de longue date, Stéphane Modat (Chef actuel du Château), a fait partie de sa démarche sur les pistes aromatiques depuis si longtemps que ce projet est aussi un peu le sien.

Comme je vous ai déjà entretenu à la fois de cette démarche et du renouveau au Château Frontenac avec l’arrivée lumineuse de Chef Modat, je me permets d’aller droit à l’essentiel: mon coup de cœur de la dégustation. C’est bien connu, Chartier développe ses vins pour la table. Ses nouvelles créations n’ont certes pas besoin de nourriture pour leur tenir compagnie, mais sa Cuvée Frontenac Prestige 2012 Lalande-de-Pomerol a brillé grâce à l’accord proposé lors de la dégustation, prouvant une fois de plus que Chartier sait compter lorsqu’il suggère que 1+1=3.

Servi avec une ballottine de Chanteclerc, champignons sauvages, asperges grillées et mûres fumées, ce petit dernier de Chartier était tout simplement divin en diable. D’une belle rondeur, ce vin s’est distingué par son caractère fumé et son affinité naturelle avec l’umami, le rôti, le charbonneux, le grillé, le doré, bref, une palette de goûts intenses et largement appréciés depuis l’aube des temps!

Seule ombre au tableau (libre à vous de plutôt voir cela comme une opportunité): il n’y a qu’au Château Frontenac que vous pourrez tremper vos lèvres dans ce nectar pour adultes avertis.

Les vins « sucrés » du Vignoble Domaine de l’Ange Gardien

Une autre dégustation m’a fait tomber en amour avec des vins, d’ici cette fois et sucrés de surcroît. Le Vignoble du Domaine de l’Ange Gardien produit pas moins de 11 vins, dans le blanc, le rosé et le rouge, mais c’est du côté des vins « à dessert » que le coup de foudre est venu pour moi avec deux de leurs produits: leur Vin Blanc fortifié et la Griserie.

Je dis « vins à dessert », parce qu’il s’agit de deux alcools sucrés, mais dans un cas comme dans l’autre, on ne devrait pas se gêner de les verser dès l’apéro. Sur glace, en kir ou en cocktail, ils s’accommoderont aussi bien du pâté de foie gras en bouchée apéritive que de la tarte tatin en fin de repas.

La Griserie, surtout, dépayse, car il ne s’agit pas d’un « vin » de raisin, mais d’un vin de fraise. Je pèse ici mes mots: il ne s’agit pas d’un alcool aromatisé à la fraise, mais du fruit de la fermentation du jus de fraises Bounty cultivée et récoltée sur le vignoble. À 18$, ce produit splendide à 16% d’alcool risque de vous faire revoir entièrement vos préconceptions sur les vins de fruits! Mais faites vites: il ne reste plus que quelques caisses, en vente directement chez le producteur!

Nullement en reste, le Vin Blanc fortifié, tout en exhibant la texture ample et la bouche grasse que l’on prête à ce genre de vins, recèle une acidité parfaite qui vient équilibrer à merveille ses effluves de miel, de zeste et de fleurs blanches. Chose certaine, il a fait bien des heureux aux Chics Pop-Ups, puisque c’est ce vin qui a été offert en accord avec le dessert de tous les chefs participants.

Chin, chin au vin blanc fortifié du Domaine de l'Ange Gardien

 Santé au Vin Blanc fortifié du Vignoble Domaine de l’Ange Gardien

au Chic Pop-Up de Louis Pacquelin. Crédit photo: Catherine Côté

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