Win Son: #CommelesTaiwanais

NYC – Jour 2, soirée et fin 

Lorsque j’ai demandé au commis à l’accueil de notre hôtel ses adresses préférées à New York (question rhétorique : mon horaire était déjà pas mal réglé au quart de tour), celui-ci a rigolé. « En tout cas, rien dans Manhattan. Tout ce qui est cool aujourd’hui est à Brooklyn, je viens juste ici pour travailler. »

Justement. J’ai un arrêt prévu à Brooklyn, pour essayer un petit resto de quartier tout juste ouvert en avril. Malgré qu’il en soit à ses premier pas, Win Son a déjà attiré l’attention de nombreux foodies et experts avec un projet culinaire unique en son genre : une cuisine néo-taiwanaise. Inspirée de mets authentiques, mais adaptée à la réalité américaine, cette fusion « done right » priorise la tradition d’origine plutôt que l’américanisation à l’emporte-pièce.

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Devanture vieillotte, de l’extérieur, Win Son ressemble à l’Asiatique Apportez-votre vin près de chez vous.

Pour ceux et celles qui suivent mes aventures culinaires depuis la Chine en 2008, vous savez à quel point ce dossier m’interpelle. À mon retour, j’ai d’abord voulu ouvrir mon Dabao, un prêt-à-manger en cuisine chinoise authentique avant de réaliser que je ne serais pas heureuse dans un projet de « réplication » d’une autre tradition culinaire. Depuis, j’ai étudié la cuisine chinoise comme une folle et je suis retournée en Chine avec Catherine Côté afin de créer un livre de recettes, Comme les Chinois, qui proposera une nouvelle américanisation de la cuisine chinoise authentique par le biais d’environ 70 recettes de ma création. (Aujourd’hui, Catherine et moi avons procédé à la séance photo des recettes 29 à 35, c’est donc dire que nous sommes à mi-chemin!!)

Il s’agit d’une démarche fascinante, mais fastidieuse, à travers laquelle j’écume le répertoire des meilleures recettes chinoises, en les adaptant afin de proposer une exécution plus facile, une approche plus santé, une accessibilité des ingrédients et des outils, et des saveurs et textures authentiques, mais plus accessibles. #CommelesChinois

Réinventer une cuisine nationale aussi complexe que la cuisine chinoise en vase clos n’est pas une mince affaire, let me tell you, comme dirait Gordon Ramsay. C’est donc avec une excitation très mal dissimulée que  je me suis attablée chez Win Son, le seul frère de combat dont j’aie croisée le chemin à ce jour. Voici 4 des leçons que j’ai retenues!

Win Son

Win Son resto taiwanais

  • Ce n’est pas parce que la cuisine chinoise (ou taiwanaise!) n’emploie pas de produits laitiers qu’il faut nécessairement les éliminer d’office dans un contexte d’adaptation interculturelle. Aubergines frites, sauce piquante, vinaigre noir, coriandre, arachides et kéfir font trèèèèèèès bon ménage!
  • L’adaptation n’a pas à se faire que dans la recette, elle peut (et doit!) passer par la présentation, à commencer par le choix des assiettes. Prenez n’importe quel plat authentique, disposez-le dans un beau bol en porcelaine blanche au design épuré et contemporain et extasiez-vous!
  • Chaque « plat » peut se suffire à lui-même. Aux antipodes de la cuisine chinoise et taïwanaise qui propose des repas composés de plusieurs mets complémentaires, une approche nord-américaine gagne à offrir tout en un.
  • Le vrai plaisir de la cuisine asiatique, c’est quand même celui de partager! Si chaque plat est conçu comme une unité auto-suffisante, la présentation en bouchées ou en petits morceaux facilite les échanges! C’est là que le vrai fun commence!
  • L’authenticité n’émane pas de la tentative de recréer ici ce qui se fait là-bas. Au contraire, c’est en assumant pleinement qu’on n’est pas ailleurs qu’on évite de tomber dans les clichés et qu’on se laisse porter par le propos, par l’essentiel.

Sandwich au poulet frit taiwanais de Win Son

LA QUESTION : Est-ce que j’aimerais un jour avoir « mon » Win Son, mon restaurant de cuisine chinoise américanisée, ma signature culinaire?

LA RÉPONSE : La restauration à temps plein est une perspective un peu effrayante. Les restaurateurs ont la couenne dure, c’est presque une race à part et j’ai bien l’impression que je n’en fais pas partie. Mais. Attablée chez Win Son, mon esprit a dérivé pendant quelques secondes et j’ai rêvé un espace qui serait le mien et où il ferait bon se bourrer la fraise des petits mets dont moi seule ai le secret.

Concept taiwanais actualité - Win Son

Épurée, lumineuse et assez contemporaine, la salle à manger de Win Son ressemble aux petits restos hipsters de vieux hutongs de Beijing tels qu’on les fréquente en 2016. Pas de flafla, pas de kitsch, un écrin très approprié pour servir des créations néo-asiatiques décomplexées.

 

C’est ainsi que se termine cette petite série sur mes plus belles trouvailles culinaires à NYC! Vous avez été très nombreux à lire et commenter ces articles ici, ou sur ma page Facebook. Merci et au plaisir de continuer ces échanges gourmands! #Foodistaenmission #Always.

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